Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 23:05

Rappelons-nous qu'au cœur de la crise financière des Subprimes les acteurs financiers et économiques se sont vu contraindre au désendettement afin de rassurer les marchés et les investisseurs. Nombre de Blue Chips ne furent cependant pas exempts d’une baisse de leur notation, par les agences Moody’s ou Standard and Poor’s, alors qu’on les pensait intouchables car « too big to fail ». Cette période fut également propice à la mise en œuvre de dévaluations compétitives de certaines monnaies dans le monde et a vu l’apparition d’une déflation rampante. La suppression des versements de dividendes et la recherche intensive de lignes de crédit pour financer la trésorerie d'entreprise (assèchement du crédit oblige) créèrent dans le même temps une panique parmi les investisseurs, connaissant d’un côté des pertes sur les marchés actions et de l’autre des opportunités sur les marchés obligataires.

Tous ces ingrédients représentèrent l'assaisonnement idéal d'une crise à l'ampleur inégalée depuis 1929. Ils exacerbèrent les tensions intra et inter pays, touchant des pans entiers de l’économie, menaçant l'emploi de milliers de personnes et provoquant un quasi éclatement des pactes sociaux de nombreux pays européens. L'Islande connue ainsi des émeutes sociales sans précédents dans l'histoire de son pays. Nous avons aussi observé la contraction économique la plus rapide et la plus profonde des économies développées ainsi que l'envolée du chômage la plus importante depuis la fin de la seconde guerre mondiale. La confiance japonaise affronta l'un des taux les plus faibles de son histoire sans parler des récents évènements consécutifs à l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima.

L’Europe connait d’ailleurs des difficultés à imposer sa zone comme une économie de la confiance. L'euro, protecteur de la zone européenne, n'en est pas moins victime et restera fragile tant qu'il n'y aura pas de politiques économiques communes et une répartition des compétences et spécialités entre pays. Il laisse ainsi le dollar bénéficier de son statut de devise intouchable.

Il est important, quel que soient les phases de marché, d'adapter son allocation d'actifs en fonction des conditions des marchés financiers. Développer en toute cohérence ses convictions d'investissement se révèle indispensable si l'on souhaite survoler les crises récurrentes des marchés. Nous sommes déjà revenus sur ce sujet de la crise, mais cette dernière reste encore d'actualité vu les tensions qui se produisent dans les pays du Proche et Moyen Orient. Ces tensions ont pour effet d'amplifier l'incertitude sur l'évolution des prix du pétrole et alimentent les risques d'implosion de la zone euro. Les pressions sociales exercées par les citoyens grecques face à l'austérité du gouvernement et la crise de la dette constitue encore un exemple de la fragilité de la zone européenne.

Les crises sont par nature cycliques et peuvent être liées à une multitude d'évènements. Larry Summers, directeur du Conseil Economique National de la Maison Blanche, qualifiait ainsi les retournements économiques comme une tentative des autorités monétaires à juguler l'inflation galopante dans la période d'après-guerre. Mais pas seulement, une crise peut être alimentée de différentes manières tels que l'éclatements des bulles spéculatives, la correction des marchés boursiers et des phénomènes dont l'origine est purement économique, à savoir une perte de croissance, d'emplois, et un déclin de la demande. Il s'exprima ainsi en ces termes le 13 Mars 2009, mois qui connut une chute sans précédent depuis le début de la crise des Subprimes :

« Economic downturns historically are of two types that different not just quantitatively, but qualitatively. Most of those in post-World War II America and probably in most other countries have been à by-product of the monetary authority's efforts to control rising inflation. But an alternative source of recession comes from the spontaneous correction of financial excess, the bursting of bubbles, deleveraging in the financial sector, declining asset values, reduced demand and reduced employment. Unfortunately, our current situation reflects this latter, rarer kind of recession. »

Une autre opinion plus tranchée cette fois met en exergue les risques sous-jacents aux prises de pouvoir du système financier et des banques privées. Ces dernières, en prenant le contrôle de l'émission de monnaies mèneraient à l'expropriation de milliers de citoyens américains. C'est ainsi que s'exprimait en 1802 Thomas Jefferson :

« I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies. If the American people ever allow private banks to control  the issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and corporations that will grow up around the banks will deprive the people of all property until children wake-up homeless on the continent their fathers conquered »

 

Expérience des crises précédentes

L'expérience des crises passées montre que le type de récession que nous avons connu en 2008 engrange des coûts économiques extrêmement élevés. Les moyennes relatées dans le tableau ci-dessous ont été prise à partir de 15 cas historiques où les crises furent considérées comme systémiques.

 

IMPACT DE LA CRISE BANCAIRE

 

Politiques monétaires  

Les taux monétaires constatés ont atteint des niveaux historiquement bas. Ces politiques de taux favorisent le recours au crédit et accroit la liquidité afin d'alimenter le circuit économique et prévenir l’arrêt total du système productif du pays. Les taux de la Réserve Fédérale Américaine (FED), de la Banque Centrale Européenne (BCE), de la Banque Nationale Suisse (SNB) ou encore de la Banque d'Angleterre (BOE) ont ainsi subit une diminution comprise entre 20 et 75 % avec pour conséquence un biais positif pour l’économie et les marchés financiers. Ces banques ont en charge les monnaies respectives de leur pays et ont pour mission de maintenir la stabilité du système financier et la stabilité des prix.

 

    TAUX OFFICIELS 

 

Les thèmes de croissance  

En période de crise, les thèmes de croissance privilégiés reposent sur les infrastructures et l'énergie, l'environnement, la défense, les marchés émergents et les changements démographiques. Vous l'aurez compris tout secteur indispensable au fonctionnement de notre société, corrélé à nos préoccupations ou encore dépendant de secteurs stratégiques constitue indéniablement une valeur refuge.

 

 

    THEMES DE CROISSANCE

 

Les dilemnes de l'investisseur

 

Dans cet état d'urgence, l'investisseur se trouve bien souvent dépourvu de visibilité à long terme. Il nécessite des conseils structurés destinés à suivre une stratégie bien établie. L'aspect émotionnel, totalement justifié quand il s'agit d'épargne durement gagnée, contraste avec le besoin de se montrer rationnel pendant ces périodes de crise. La crise précédente a ainsi révélé l'ambiguïté des choix des investisseurs, partagés entre différentes classes d'actifs. Entre un pessimisme ambiant dû à l’environnement économique et financier dégradé et une prudence exagérément marquée, l'investisseur s’oppose souvent aux opportunités à long terme en se focalisant essentiellement sur les risques à court terme. La volatilité extrême des marchés financiers et la baisse généralisée des bénéfices limitèrent les flux d’investissement et encouragèrent nombre d’épargnants à se reporter sur des secteurs défensifs chers à l’acquisition. A contrario les secteurs cycliques représentent des opportunités alléchantes en périodes de turbulences si tenté est que l’on évite les pièges de valorisation. Les stratégies reposant sur les grandes capitalisations, les entreprises étrangères et en pleines croissances furent gagnantes.

 

 

En définitif, ce dilemme de l’investisseur se résume bien souvant à la citation suivante :

 

 

« On equities, it is too late to be bearish and too early to be (structurally) bullish » Citigroup Capital Markets 2008

 



Partager cet article

Repost 0

commentaires

Hedge Funds On The Edge

  • : Hedge Funds on the Edge
  • Hedge Funds on the Edge
  • : Un blog pour démocratiser l'univers des Hedge Funds, de l'Asset Management et du Family Office
  • Contact

Citation de J. M. Keynes

"THERE IS NOTHING SO DANGEROUS AS A PURSUIT OF A RATIONAL POLICY IN AN IRRATIONAL WORLD"

Recherche